Une mascotte sur mesure, ce n’est pas simplement un costume avec un logo dessus. C’est un personnage. Une silhouette, une expression, une personnalité, une façon d’être reconnue au premier regard.
Mais concrètement, qu’est-ce qui se cache derrière la création d’une mascotte personnalisée ? Pourquoi certaines mascottes fonctionnent immédiatement alors que d’autres ressemblent simplement à des personnages génériques ? Et surtout, comment passe-t-on d’une idée sur un écran à une mascotte que quelqu’un va réellement porter ?
Pour en parler, nous avons choisi de changer de format.
Entretien avec Cindy, fondatrice de La Mascotterie, spécialisée dans la création de mascottes sur mesure pour les entreprises, marques, collectivités, clubs et événements.
« Quand une entreprise nous dit : “Je veux une mascotte sur mesure”, quelle est la première question que tu poses ? »
Cindy :
Je ne demande pas immédiatement quelle couleur elle veut ou quelle forme doit avoir la tête.
Je demande : « Pourquoi avez-vous besoin d’une mascotte ? »
Ça peut sembler évident, mais la réponse change complètement le projet.
Une mascotte destinée à représenter une marque sur des salons professionnels ne sera pas forcément pensée de la même manière qu’une mascotte destinée à un club sportif, à une collectivité ou à une campagne de communication.
Il faut comprendre ce que le personnage doit provoquer.
Est-ce qu’on veut créer de la sympathie ? Être facilement reconnaissable ? Faire venir les visiteurs sur un stand ? Créer du contenu pour les réseaux sociaux ? Donner un visage à une marque ? Créer un personnage que les enfants vont immédiatement identifier ?
Avant de fabriquer une mascotte, il faut donc savoir quel rôle elle va jouer.
« Est-ce qu’une mascotte personnalisée doit forcément être très mignonne ? »
Cindy :
Non. Et c’est justement l’une des choses que j’aime dans ce métier.
Une mascotte peut être drôle, élégante, décalée, impressionnante, attachante, dynamique… Elle peut même avoir un caractère un peu particulier.
Le plus important, c’est qu’elle soit cohérente avec l’univers qu’elle représente.
On voit parfois des demandes très orientées « mascotte classique » : grosse tête, grands yeux, sourire, couleurs très vives…
Mais si l’identité de la marque est premium et minimaliste, par exemple, reproduire tous les codes habituels de la mascotte peut créer un décalage.
Notre travail consiste aussi à savoir dire :
« Cette idée est intéressante, mais est-ce vraiment votre personnage ? »
« Justement, quelle est la différence entre une mascotte standard et une mascotte sur mesure ? »
Cindy :
Une mascotte standard est conçue pour pouvoir convenir à beaucoup de personnes.
Une mascotte sur mesure, c’est l’inverse : elle est pensée pour une identité précise.
La forme du visage, les proportions, les couleurs, les matières, les détails, les accessoires… tout peut être étudié en fonction du personnage.
Et il y a quelque chose d’encore plus important : la ressemblance avec l’illustration d’origine.
Quand un client possède déjà un personnage, il ne veut généralement pas découvrir un personnage vaguement inspiré du dessin qu’il nous a confié.
Il veut retrouver son personnage, mais en volume.
C’est là que la conception devient particulièrement intéressante.
« Comment fait-on passer un personnage en 2D à une mascotte professionnelle en 3D ? »
Cindy :
C’est une vraie étape de réflexion.
Une illustration est faite pour être regardée sur une surface plane. Une mascotte, elle, doit fonctionner sous différents angles.
Il faut donc se poser des questions auxquelles on ne pense pas forcément au départ :
À quoi ressemble son profil ?
Quelle forme prend l’arrière de sa tête ?
Comment ses yeux doivent-ils être positionnés pour conserver son expression ?
Comment reproduire ses volumes ?
Est-ce que certains éléments doivent être agrandis pour rester lisibles à distance ?
Et surtout : est-ce que le personnage reste immédiatement identifiable lorsqu’on ne le regarde plus de face ?
C’est pour cela que le BAT est une étape importante dans un projet de mascotte sur mesure.
« Le BAT, justement, pourquoi est-il si important ? »
Cindy :
Parce qu’une mascotte représente souvent un investissement important pour une entreprise.
Il ne suffit pas de dire : « Voilà votre mascotte, dites-nous si ça vous plaît » une fois qu’elle est fabriquée.
Chez La Mascotterie, le projet passe par une validation avant la production.
Selon le niveau de conception choisi, on peut travailler à partir de vues face, profil et dos, ou aller plus loin avec une conception 3D.
Cela permet de valider le personnage avant son passage en fabrication.
Et c’est aussi le moment où le client peut se projeter réellement.
Parce qu’entre une illustration sur un écran et une personne qui va porter le personnage, il y a tout un monde.
« Une mascotte sur mesure doit aussi être portée. Est-ce que cet aspect est parfois oublié ? »
Cindy :
Oui, et c’est pourtant essentiel.
Une belle mascotte qui devient impossible à porter correctement pendant un événement n’est pas une bonne mascotte.
Il faut penser au confort du porteur, à la visibilité, à la ventilation, au poids, à la mobilité et à l’utilisation prévue.
Qui va la porter ?
Pendant combien de temps ?
À l’intérieur ou à l’extérieur ?
Sur un salon ? Dans la rue ? Lors d’un match ? Sur scène ?
Est-ce qu’il faut pouvoir marcher facilement ? Saluer ? Danser ? Prendre des photos avec le public ?
La mascotte doit être pensée pour vivre, pas uniquement pour être jolie sur une photo.
« Est-ce qu’il faut forcément une grosse tête et un costume très imposant pour être visible ? »
Cindy :
Pas forcément.
La visibilité vient beaucoup de la silhouette et des éléments distinctifs du personnage.
Une forme reconnaissable peut être beaucoup plus efficace qu’une accumulation de détails.
C’est un peu comme en illustration : lorsqu’on réduit une image, certains éléments disparaissent. Il faut donc identifier ce qui fait réellement l’identité du personnage.
Une couleur particulière, une coiffure, une paire de lunettes, une forme de bouche, des oreilles, une silhouette…
Une bonne mascotte doit pouvoir être reconnue avant même qu’on ait eu le temps de lire le logo.
« Et les détails ? Jusqu’où faut-il aller ? »
Cindy :
Ça dépend du personnage.
Mais je pense qu’il faut éviter de détailler pour détailler.
Chaque élément doit avoir une raison d’être.
Une mascotte est souvent vue à plusieurs mètres. Certains détails extrêmement fins qui fonctionnent parfaitement sur une illustration peuvent être totalement invisibles une fois fabriqués.
À l’inverse, certains éléments doivent parfois être volontairement accentués pour conserver l’identité du personnage.
C’est toute la différence entre reproduire un dessin et l’adapter pour qu’il fonctionne en volume.
« Quelle est l’erreur que tu rencontres le plus souvent dans les projets de mascottes ? »
Cindy :
Vouloir commencer par le prix.
Je comprends parfaitement qu’une entreprise ait un budget à respecter. Mais avant de comparer des prix, il faut comparer ce qui est réellement proposé.
Une mascotte sur mesure ne se résume pas à une quantité de mousse, de tissu et de main-d’œuvre.
Il y a la conception, les échanges, les adaptations, les validations, les matières, la fabrication, les finitions, la logistique…
Et surtout, il y a le résultat attendu.
Deux mascottes peuvent sembler comparables sur un devis et être très différentes une fois devant soi.
« Est-ce qu’une mascotte peut devenir un véritable outil de communication ? »
Cindy :
Absolument. Et c’est même l’une des raisons pour lesquelles les entreprises viennent nous voir.
Une mascotte peut vivre bien au-delà de l’événement pour lequel elle a été créée.
Elle peut apparaître sur des photos, dans des vidéos, sur les réseaux sociaux, lors de salons, dans des campagnes de communication ou lors d’événements internes.
Elle peut aussi devenir un personnage que le public retrouve régulièrement.
Et lorsqu’un personnage est suffisamment fort, il peut ensuite être décliné en illustrations, objets, peluches ou autres supports de communication.
C’est là que le projet devient vraiment intéressant : on ne crée plus seulement un costume.
On construit un univers autour d’un personnage.
« Finalement, qu’est-ce qui fait une bonne mascotte ? »
Cindy :
Je dirais qu’une bonne mascotte doit réunir trois choses.
Elle doit être fidèle à l’identité de la marque.
Elle doit être immédiatement reconnaissable.
Et surtout, elle doit donner envie d’aller à sa rencontre.
Parce qu’une mascotte crée quelque chose que beaucoup de supports de communication ne peuvent pas créer : une interaction physique.
On peut prendre une photo avec elle. Lui serrer la main. Lui faire un câlin. Jouer avec elle. La voir apparaître dans une vidéo.
Elle donne une dimension humaine et émotionnelle à une identité qui, à la base, n’est parfois qu’un logo ou une illustration.
« Alors, si une entreprise souhaite créer sa première mascotte, par où doit-elle commencer ? »
Cindy :
Par son personnage, pas par le costume.
Je conseille de commencer par définir ce que la mascotte doit représenter, à qui elle s’adresse et dans quelles situations elle sera utilisée.
Ensuite, on peut travailler son apparence, sa personnalité et ses éléments distinctifs.
Et seulement après, réfléchir à la manière de la fabriquer.
Notre métier, ce n’est pas simplement de transformer un dessin en costume.
C’est de trouver comment donner une vraie présence à un personnage.
Une mascotte sur mesure, c’est donc bien plus qu’un costume
Créer une mascotte personnalisée demande de penser simultanément à l’identité visuelle, au design, aux volumes, aux matières, au confort du porteur et aux usages futurs.
C’est cette réflexion en amont qui permet de créer une mascotte qui ne soit pas seulement réussie le jour de sa livraison, mais qui puisse réellement devenir un personnage à part entière.
Chez La Mascotterie, chaque projet commence donc par une idée, un univers ou un personnage.
Puis vient le travail de conception, les échanges, le BAT et enfin la fabrication.
Parce qu’au fond, une mascotte réussie ne doit pas simplement donner l’impression qu’une personne porte un costume.
Elle doit donner l’impression que le personnage est réellement là.